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Louis Althusser, Sur le contrat social [précédé de] Patrick Hochart, « Troublante clarté », Manucius, 2009.

Transcription du cours qu’Althusser a donné sur Rousseau en 1965-1966 à l’École normale supérieure.

Paul Audi, Rousseau, une philosophie de l’âme, Verdier, 2008.

Cet essai analyse l’assise ontologique de la sagesse rousseauiste mais il en souligne aussi toute la modernité, en montrant le rôle qu’elle peut encore jouer dans le renouvellement de la compréhension de l’essence de l’homme.

Reinhard Bach, Rousseau et le discours de la Révolution : au piège des mots : les physiocrates, Sieyès, les idéologues, Inclinaison, 2011.

Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un travail de recherche portant sur la métamorphose et la formation de la pensée politique des Lumières.

Blaise Bachofen, La Condition de la liberté : Rousseau, critique des raisons politiques, Payot, 2002.

Plutôt que de s'attacher à démontrer le cadre strict d'une doctrine politique de Rousseau, l'ouvrage s'emploie à dégager, à partir des principales lignes de sa pensée politique, les aspects problématiques de cette dernière : le fondement du droit de propriété, le concept de volonté générale, la nature, etc.

Bruno Bernardi, La Fabrique des concepts : recherches sur l’invention conceptuelle chez Rousseau, éditions H. Champion, 2006.
 
Cet ouvrage renouvelle la lecture de Rousseau par une approche génétique et cherche ainsi à cerner ce qu'est pour lui raisonner en philosophe. Les deux premières parties s'intéressent à la formation des concepts d'association, de corps politique, de gouvernement mixte, de souveraineté, de guerre et d'État, et la troisième au concept de volonté générale.

Nicolas Bonhôte, Jean-Jacques Rousseau : vision de l’histoire et autobiographie : étude de sociologie de la littérature, L’Âge d’homme, 1993.

Cet essai de sociologie cherche à mettre le discours de Rousseau sur l'histoire et la société en relation avec l'histoire économique et sociale de la première moitié du XVIIIe siècle, avec la genèse du projet autobiographique et, enfin, avec les grandes logiques qui régissent ce projet dans les Confessions, les Dialogues et les Rêveries.
 
Lionel Bourg, L’Irréductible : Jean-Jacques Rousseau, 1712-1778, La Passe du vent, 2011.

Le poète Lionel Bourg parle de « son » Rousseau : « bourru, timide, maladroit, bilieux, serviable, vindicatif, décourageant ». Ce qui l’intéresse, c’est le Rousseau qui marche, intrépide, impatient, celui qui ne craint jamais de dire leur fait aux puissants.

Gaspard Bovier, Jean-Jacques Rousseau à Grenoble : journal de l’avocat Bovier, présenté et annoté par Catherine Cœuré et Jean Sgard, PUG, 2012.

L’avocat grenoblois qui lui servit de guide offre sa vision du séjour à Grenoble de Rousseau venu y chercher l’anonymat au mois de juillet 1768 en raison des persécutions dont il était la cible.

Pierre Burgelin, La Philosophie de l’existence de J.-J. Rousseau, Slatkine Reprints, 2011.

Présentation et interprétation de la philosophie de la vie de Rousseau, au travers desquelles l’écrivain se présente comme un rationaliste.

Ernst Cassirer, Le Problème Jean-Jacques Rousseau, traduit de l’allemand par Marc B. de Launay, préface de Jean Starobinski, Hachette Littératures, 2006.
 
Dans cette étude parue en 1932, le philosophe allemand souligne l’unité de la pensée de Rousseau dans ses romans, ses œuvres autobiographiques, philosophiques ou politiques.

Ernst Cassirer, Rousseau, Kant, Goethe : deux essais, traduit de l’allemand et présenté par Jean Lacoste, Belin, 2011.

Réunit deux essais parus en 1945, année de la mort de Cassirer, sur Kant et Rousseau, Kant et Goethe, et les relations entre leur pensée.

Laure Challandes, L’Âme a-t-elle un sexe ? Formes et paradoxes de la distinction sexuelle dans l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, Classiques Garnier, 2011.

La différence entre les sexes est souvent considérée comme un thème constitutif de l’ensemble de l’œuvre de Rousseau pour qui cette différence serait voulue par la nature. Cette étude, centrée sur La Nouvelle Héloïse et s’attachant aux détails et aux formes structurelles de l’écriture, fait apparaître une plus grande complexité dans la pensée du philosophe.

André Charrak, Le Vocabulaire de Rousseau, Ellipses, 2002.

La reprise du lexique des philosophes (de l'amour de soi à la sensibilité) et des jurisconsultes (du citoyen à la propriété), de même que la définition de nouvelles expériences (ainsi la rêverie), sont subordonnées, dans Rousseau, à l'élaboration d'une anthropologie, qui doit rendre compte de l'essence de l'homme comme de sa condition présente. La signification précise des concepts mis en jeu en politique, en morale et même en métaphysique est donc solidaire de leur application aux rapports dans lesquels s'inscrivent l'enfant, l'homme fait ou les peuples tout entiers. Il en résulte un double objectif pour ce Vocabulaire : suivre Rousseau dans son souci de rigueur notionnelle et montrer les raisons des paradoxes que peuvent susciter les relations où l'homme est engagé.

Monique et Bernard Cottret, Jean-Jacques Rousseau, Perrin, « Tempus », 2011.

En explorant la vie et l’œuvre de Rousseau, c’est-à-dire en allant du privé au public, de l’indicible à l’exprimé, du sublime au honteux et de la douleur au plaisir, cette biographie s’attache à montrer la singularité d’un homme qui exprima l’universalité de la condition humaine.
 
Pierre Crétois, Rousseau, Du contrat social I-II, Ellipses, « Focus sur », 2011.

Introduction à l’œuvre de Rousseau, particulièrement au travers du Contrat social dont le texte est présenté et analysé, avec la définition et le commentaire de l’ensemble des notions.

Michèle Crogiez, Solitude et méditation : étude sur les Rêveries de Rousseau, éditions H. Champion, 1997.

Dernières promenades, ni solipsistes ni romantiques avant la lettre, les Rêveries réconcilient enfin le dire et l'être.

Raymond Dany, Émile, Rousseau, Ellipses, 1998.

L'éducation est un thème récurrent de la pensée au XVIIIe siècle. Chez Rousseau, la réflexion sur ce thème atteint une dimension authentiquement philosophique, parce qu'elle conduit à une interrogation sur l'essence de l'homme. Ainsi chercher quel doit être l'esprit d'une éducation réussie revient à se demander comment elle doit opérer pour que l'homme reste lui-même, conforme à sa propre nature. Elle doit permettre, idéalement, d'éviter la conjonction du développement et du mal, dénoncée par Rousseau dans son Discours sur l'origine de l'inégalité. Émile, ce sujet de l'éducation vue par Rousseau, a ici une fonction difficile d'exemplarité.                                                           

Gaëtan Demulier, Apprendre à philosopher avec Rousseau, Ellipses, 2009.

Une introduction fondée sur une approche biographique et un exposé des concepts-clés du philosophe. La réception de la philosophie rousseauiste est rendue difficile par le retentissement de l’œuvre et les passions suscitées par son auteur, lesquelles, en lui prêtant des thèses caricaturales et contradictoires, en déforment les enseignements. Ce livre se propose d'en reconstituer l'architecture en analysant dix notions cardinales, afin de permettre au lecteur soucieux d'aborder les textes de Rousseau de saisir leur unité et leur intention.

Anne Deneys-Tunney, Un autre Jean-Jacques Rousseau : le paradoxe de la technique, PUF, 2010.

L’ouvrage dévoile un Rousseau paradoxal, philosophe et penseur de la technique. Le philosophe comprend le caractère déterminant de la technique pour l’homme et les sociétés modernes, et il en mesure les conséquences. Sa position vise à réconcilier l’homme avec ses machines, facteur qui permettrait à l’homme de s’accomplir au sein des sociétés humaines.

Jacques Derrida, De la grammatologie, Minuit, 1997.

Cet essai répond à la question : qu'est-ce que l'écriture ? Une première partie élabore une théorie, donne des repères historiques et propose des concepts critiques. Ceux-ci sont mis à l'épreuve dans une seconde partie : nature, culture, écriture. Á propos de l’Essai sur l’origine des langues.

Christian Destain, Jean-Jacques Rousseau, Le Cavalier bleu, 2007.

Christian Destain réfute les idées reçues sur Rousseau, sa personnalité, sa vie, sa pensée politique, etc.

Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, publié sous la direction de Raymond Trousson et Frédéric Eigeldinger, éditions H. Champion, 2006.

Ce dictionnaire fait le point et rassemble des connaissances sur toutes les facettes de l’œuvre et de la pensée de Rousseau.

Guy Ducourthial, La Botanique selon Jean-Jacques Rousseau, Belin, 2009.

Rousseau s'intéressa à la botanique et voulut partager ce savoir. L'auteur étudie successivement l'apprentissage du philosophe dans les livres, les herborisations et la constitution des herbiers puis son enseignement et les différents outils d'apprentissage (dictionnaires, herbiers, correspondance) et son étude critique des différents botanistes.

Jean Dusaulx, De mes rapports avec Jean-Jacques Rousseau, édition présentée et annotée par Raymond Trousson, éditions Honoré Champion, 2012.

Pendant quelques mois, en 1770 et 1771, Jean Dusaulx a fréquenté Rousseau. Dans cette œuvre, il en dresse un portrait peu flatteur, de maniaco-dépressif, atrabilaire.

David Gautier, Le Sentiment d’existence : la quête inachevée de Jean-Jacques Rousseau, traduit de l’anglais par Salim Hirèche, Markus Haller, 2011.

Cet essai examine les réponses successives que Rousseau donne à la question centrale de la philosophie moderne : est-il possible de maintenir sa liberté individuelle en acceptant de vivre en communauté avec autrui ? Le philosophe interroge la place de la liberté dans la vie sociale, ainsi que l’actualité de la quête intellectuelle et du désillusionnement de Rousseau.

Georges-Arthur Goldschmidt, Jean-Jacques Rousseau ou L’Esprit de solitude, préface de Lionel Bourg, Presses universitaires de Lyon, « Autofictions », 2012.

Une approche singulièrement subversive de l’intimité inavouable de Rousseau.

Bernard Groethuysen, Jean-Jacques Rousseau, Gallimard, « Idées », 1983.

« Rousseau reproche aux philosophes de ne pas faire de la philosophie pour eux-mêmes, mais pour les autres. Philosopher, dit-il, est une manière de paraître et non d’être. Ce n’est pas ainsi qu’il conçoit la philosophie. Il veut savoir pour lui, pour diriger l’emploi de sa vie, pour connaître sa véritable fin. »

Rémy Hildebrand, Il était une fois Jean-Jacques Rousseau, Archipel, 2012.

Biographie de Rousseau, libre penseur, précurseur d’idées religieuses, pédagogiques, juridiques et littéraires.

Marc-Vincent Howlett, Jean-Jacques Rousseau, l’homme qui croyait en l’homme, Gallimard, « Découvertes », 1989.

Une présentation de l’œuvre et de la vie de Rousseau accompagnée de nombreux documents.

François Jacob, La Cité interdite : Jean-Jacques Rousseau à Genève, Slatkine, 2009.

Histoire des relations difficiles entre Rousseau et Genève, histoire qui débute du vivant du philosophe, connaît un point d’orgue en 1835 avec l’inauguration de sa statue et suscite encore aujourd’hui des interrogations. Derrière les questionnements moraux et religieux se cache un enjeu politique : l’écrivain échappe à tout dogmatisme et nul ne peut en revendiquer l’héritage.

Jean-Jacques Rousseau, textes réunis par Raymond Trousson, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2001.

Réunit des textes dispersés et difficilement trouvables consacrés à l'œuvre. Adulé ou exécré, Rousseau est, avec Voltaire, l'auteur dont la critique s'est le plus préoccupée. Cette anthologie esquisse la réception d'une œuvre qui joua un rôle décisif, sur les plans esthétique et politique, au siècle des Lumières.

Jean-Jacques Rousseau, revue Europe, n° 930, 2006.

Au sommaire : « Rousseau à la lettre » (Michel Delon), « Une passion française » (Pierre Bergougnioux) « Á hauteur d’homme » (Lionel Bourg), « Le Discours des Charmettes » (Gérard Cartier), « Jean-Jacques et moi » (Bernard Fauconnier), « Un héritage éclaté » (Bronislaw Baczko), « Une multitude d’horizons » (Jean Starobinski), « Dans les papiers de La Nouvelle Héloïse » (Nathalie Ferrand), « Le castrat de Rousseau » (Michel Delon).

Jean-Jacques Rousseau : le sentiment et la pensée, collectif sous la direction d’Yves Mirodatos, Glénat, « Beaux Livres », 2012.
 
Présentation de l’univers de Rousseau à travers ses œuvres, ses pensées, les lieux qui lui étaient familiers, etc.

Jean-Paul Jouary, Rousseau citoyen du futur, LGF, Le Livre de poche, 2012.

Ouvrage composé de deux parties complémentaires, d’abord un exposé de la philosophie politique de Rousseau suivi de différents textes qui le complètent.

Catherine Kintzler, Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau, Minerve, 2006.

Á partir des opéras des XVIIe et XVIIIe siècles, une analyse éclairante de l'esthétique classique, de ses fondements philosophiques et des théories qui lui ont donné naissance, en même temps qu'une réflexion générale sur les productions artistiques.

Florence Khodoss, Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Hatier, « Classiques et Cie », 2011.

Texte annoté avec un dossier proposant une présentation de Rousseau et une analyse de l’œuvre et de ses problématiques.
 
Sarah Kofman, Le Respect des femmes, Kant et Rousseau, Galilée, 1982.

« Respecter les femmes, n’est-ce pas toujours aussi les tenir en respect ? […] Le respect place les femmes assez haut et assez loin pour empêcher un rapport de proximité immédiate, pétrifiant. Le respect ? un tout autre regard que celui jeté sur ces femmes rabaissées qui entrent dans le circuit mercantile de l’échange, les putains.
Cette fonction économique du respect relève d’une loi générale vérifiée ici à propos de Kant et de Rousseau. Leur confrontation souligne, par-delà leurs différences singulières, une complicité profonde : celle d’hommes dont la moralité est l’envers glorieux de leur misogynie. »

Morihiko Koshi, Les Images de soi chez Rousseau : l’autobiographie comme politique, Classiques Garnier, « L’Europe des Lumières », 2011.

Cette publication met en lumière les différentes façons dont Rousseau élabore les images de soi, au fil de sa carrière de polémiste.

Philippe Lacoue-Labarthe, Poétique de l’histoire, Galilée, 2002.

Un essai consacré à la pensée de Rousseau. Il s'agit d'une interrogation philosophique sur la possibilité même du concept d'histoire, avec une refonte de la problématique de la théâtralité et de la (re)présentation en général.

Michel Launay, Jean-Jacques Rousseau, écrivain politique, 1712-1762, préface de Jean Starobinski, Slatkine, 1989.

Á l’aide de documents découverts à Genève, Michel Launay montre ici qu’il existait, dans la classe des artisans genevois du XVIIIe siècle, une idéologie politique distincte de celle des négociants et des banquiers. Rousseau développe dans Le Contrat social les cinq points de l’idéologie de l’artisan : souveraineté populaire, dangers de la délégation du peuple…

Géraldine Lepan, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Jean-Jacques Rousseau, Ellipses, 1999.

Ce texte a fortement contribué à forger la réputation d'un Rousseau paradoxal, radical, dénonçant la propriété, source de tous les maux de l'homme social et renvoyant à l'image du « bon sauvage ». Cette nouvelle étude vise à faire ressortir les difficultés du texte, et à rappeler les apories de l'existence politique mises à jour par Rousseau.

Lettres à J.-J. Rousseau sur La Nouvelle Héloïse, édition présentée et annotée par Raymond Trousson, éditions Honoré Champion, 2011.

Ce recueil rassemble des lettres de lecteurs de La Nouvelle Héloïse et un dossier contenant les comptes-rendus parus dans la presse de l’époque.

Marie-Pauline Martin, Juger des arts en musicien, un aspect de la pensée artistique de Jean-Jacques Rousseau, éditions de la Maison des Sciences de l’homme, 2011.

Posé tout d’abord comme référent, l’objet musical soumet, dans le discours de Rousseau, les autres arts à l’épreuve de sa propre spécificité ; pensé encore comme modèle d’une conception particulière du beau, il fournit l’instrument d’une appréciation des autres disciplines, met en jeu leur statut et leur ordonnance hiérarchique. Exprimé dans ses écrits musicaux, ce parti fédère par ailleurs plusieurs de ses œuvres littéraires, biographiques et politiques. Marie-Pauline Martin propose de relire certains écrits du philosophe à la lumière d’une foi absolue en l’effet moral de la musique.

Éliane Martin-Haag, Rousseau ou La conscience sociale des Lumières, éditions H. Champion, 2010.

S’étonnant de l’importance que Rousseau accorde au thème de l’involontaire, Éliane Martin-Haag procède à une relecture de l’ensemble de l’œuvre et confronte le sens spinoziste et le sens rousseauiste du terme. Elle tente d’éclairer la conscience morale comme une conscience sociale et de cerner la singularité philosophique de Rousseau au sein des Lumières.

Roger D. Masters, La Philosophie politique de Rousseau, traduit de l’américain par Gérard Colonna d’Istria et Jean-Pierre Guillot, ENS Éditions, 2002.

Publiée pour la première fois en 1968 à l'Université de Princeton aux États-Unis, cette œuvre est une analyse de tous les ouvrages de philosophie politique de Rousseau. Pour l'auteur, la pensée de Rousseau se présente comme un système cohérent centré sur l'idée de bonté naturelle de l'homme.

Claude Mazauric, Jean-Jacques Rousseau à 20 ans : un impétueux désir de liberté, Au diable vauvert, 2011.

La vie, la personnalité et l’œuvre de Rousseau sont évoquées à la lumière de ses vingt ans. Il s’essaye à différentes carrières en poursuivant un but : s’instruire de tout.
 
Louis-Sébastien Mercier, De Jean-Jacques Rousseau considéré comme l’un des premiers auteurs de la Révolution, édition présentée et annotée par Raymond Trousson, éditions H. Champion, 2010.

Publié pour la première fois en juin 1791, ce livre est le premier ouvrage d’importance à mettre en évidence la réception et l’influence de Rousseau sur les esprits de son temps.

Akira Mizubayashi, Une langue venue d’ailleurs, Gallimard, « L’un et l’autre », 2010.

« […] aurais-je découvert avec le même désir, avec la même intensité empathique cette autre figure emblématique du XVIIIe siècle volontariste qu’est Jean-Jacques Rousseau ? Celui qui a fondé tout l’édifice de la république sur la volonté commune de le construire : celui qui a recherché d’un bout à l’autre de son œuvre, avec une obstination exemplaire, la transparence des cœurs, tout en dénonçant dans ses paroles véhémentes les apparences mensongères. Sans doute non. Et sans ce désir, sans cette intensité empathique, aurais-je maintenu le même feu, la même passion, la même ardeur pour continuer à demeurer et à m’immerger dans la langue de Rousseau […] »

Jean-François Perrin, Politique du renonçant : le dernier Rousseau, Kimé, 2011.

Si dans Rousseau juge de Jean-Jacques, l’auteur ressasse le jugement de l’opinion publique et gagne ainsi la lucidité du renonçant, l’expérience du Promeneur solitaire apporte la perte vertigineuse de la communauté. Cette entreprise de connaissance de soi rencontre ainsi la question du rapport à autrui, de sa genèse, de sa transformation.

Puisqu’enfin mon nom doit vivre, Jean-Jacques Rousseau en 2012, collectif sous la direction de Michael O’Dea, Voltaire Foundation, 2012.

Dans ce recueil, treize spécialistes de Rousseau, venus d’horizons disciplinaires divers, présentent leur réflexion la plus récente, tantôt en revenant sur un écrit fondamental de l’auteur, tantôt en éclairant des aspects peu connus de son œuvre, tantôt en proposant une interprétation d’ensemble de son parcours exceptionnel. Le volume offre une série de nouvelles perspectives sur un auteur et un œuvre inépuisables.

Gabrielle Radica, Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Ellipses, « Focus sur », 2011.

Introduction à l’œuvre de Rousseau, particulièrement au travers de son Discours sur l’origine…, dont le texte est présenté et analysé, avec définition et commentaire de l’ensemble des notions.

Rêveries sans fin : autour des Rêveries du promeneur solitaire, textes réunis par Michel Coz, François Jacob, A. Grosrichard, et al., Paradigme, 1997.

Dix études consacrées à cette œuvre de Rousseau sont ici réunies, complétées par deux études inédites, une problématique et une présentation des axes de lecture de l’œuvre.

Philippe Roch, Dialogues avec Jean-Jacques Rousseau sur la nature : jalons pour réenchanter le monde, Labor et Fides, 2012.

Chantre d’une nature sauvage que la société humaine corrompt, Rousseau est un philosophe de l’environnement autant qu’un penseur du politique. Philippe Roche dialogue avec lui à travers une sélection de textes puisés dans ses écrits sur la nature afin de redonner de l’imaginaire au combat pour la sauvegarde de la planète en l’ancrant dans un système transcendant.

Rousseau et la Révolution : exposition, Paris, France, Assemblée nationale, du 9 février au 6 avril 2012, catalogue sous la direction de Bruno Bernardi, Gallimard, « Livres d’art », 2012.

Le tricentenaire de la naissance de Rousseau est l’occasion de proposer des outils de réflexion pour repenser le rapport au monde, à la nature, la singularité de chaque subjectivité, ou encore le lien nécessaire entre liberté politique et égalité sociale.

Rousseau, politique et esthétique : sur la lettre à d’Alembert, dirigé par Blaise Bachofen et Bruno Bernardi, ENS éditions, 2011.

Cette analyse replace le texte de Rousseau dans les débats du XVIIIe siècle et met en exergue l’originalité et l’actualité de la thèse qu’il soutient au sujet des rapports entre esthétique et politique.

Rousseau (1800-1912), édition critique de Raymond Trousson, Presses de l’université Paris-Sorbonne, « Mémoire de la critique », 2012.

Cette anthologie est accompagnée de commentaires sur la réception des textes de Rousseau au XIXe siècle. À l’instar de Voltaire, le Genevois est pris dans la tourmente de l’affrontement entre royalistes et républicains.

George Sand, Fils de Jean-Jacques, ébauche d’un roman inédit, suivie de divers articles de Sand consacrés à Rousseau présentés et annotés par Christine Planté, Presses universitaires de Lyon, 2012.

Yannick Séité, Du Livre au lire, La Nouvelle Héloïse, Roman des Lumières, Honoré Champion, 2002.

Si la question « Qu’est-ce que la littérature à l’époque des Lumières ? » reste l’objet central de cette analyse, la démarche suivie consiste à replacer la construction romanesque dans les logiques et les contraintes qui relèvent de la construction matérielle du texte, de sa diffusion dans l’espace public, et des intérêts divers, parfois divergents, qui se juxtaposent – et parfois s’opposent – lors des différentes étapes de l’entreprise éditoriale et commerciale.

Michel Soëtard, Rousseau et l’idée de l’éducation [suivi] de Pestalozzi juge de Jean-Jacques, éditions Honoré Champion, 2012.

Une étude des paradoxes développés par Rousseau dans Émile ou De l’Éducation. La seconde partie est consacrée à la réception de cette œuvre par Pestalozzi et de sa confusion, pour finir par admettre que Rousseau a développé une idée qu’il s’agit de faire vivre dans l’action pédagogique.

Céline Spector, Au prisme de Rousseau : usages politiques contemporains, Voltaire Foundation, 2011.

L’étude met en lumière les usages philosophiques et idéologiques de l’œuvre de Rousseau depuis la Guerre froide. Au-delà du renouveau du contractualisme et des théories de la démocratie délibérative, les développements des analyses marxistes, libérales, straussiennes, communautariennes, républicaines, habermassiennes ou féministes se traduisent par un retour à Rousseau.

Jean Starobinski, Le Remède dans le mal, critique et légitimation de l’artifice à l’âge des Lumières, Gallimard, « Nrf Essais », 1989.

Quel langage et quels arguments employa, au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, la critique des conduites masquées et des « conventions de société » ? Jean Starobinski nourrit sa réflexion d'une série d'exemples qui sont autant de coups de sonde – l'usage du mot civilisation au siècle des Lumières ; la doctrine classique de la civilité et l'art de la flatterie ; la fable et la mythologie au grand siècle ; les rapports qu'entretiennent l'exil, la satire et la tyrannie chez Montesquieu ; l'écriture philosophique et la phrase asymétrique chez Voltaire ou la quête du remède dans le mal chez Rousseau. Il ne s'agit pas, pour Jean Starobinski, de se livrer à une enquête systématique ou de narrer une histoire complète, mais d'écouter les mots, d'analyser les styles.

Jean Starobinski, Jean-Jacques Rousseau, La Transparence et l’Obstacle, Gallimard, « Tel », 1976.

Rousseau fait souvent l'objet d'appréciations et de commentaires divergents de la part des philosophes et des littéraires. Avec La Transparence et l'Obstacle, Jean Starobinski réussit le tour de force de réconcilier belles lettres et sciences humaines. Dans un style vif, lumineux et sans affectation, il parvient à nous faire redécouvrir et aimer la personne et les idées de Rousseau qu'il choisit de prendre tel qu'il se donne, dans ses contradictions, pour en saisir la vérité. Sans doute la plus belle et la plus complète étude jamais publiée sur Rousseau, où se conjuguent esprit de finesse et esprit de géométrie.

Jean Starobinski, Notre seul, notre unique jardin, postface de Pierre Nora, Zoé, 2011.

Autoportrait intellectuel écrit en 2010 dans lequel l’auteur genevois retrace son  parcours sous la forme d’anecdotes. Il évoque ainsi ses jeunes années quand il allait écouter à l’université Marcel Raymond parlant de Jean-Jacques Rousseau.

Martin Stern, Jean-Jacques Rousseau, la conversion d’un musicien philosophe, éditions Honoré Champion, 2012.

Version remaniée d’une thèse de doctorat sur la théorie et l’esthétique musicales de Rousseau et sur leurs liens avec son œuvre littéraire et philosophique, mettant en parallèle les conversions musicale, morale, religieuse, philosophique par lesquelles Rousseau est, de son propre aveu, passé.

La Théologie politique de Rousseau, sous la direction de Ghislain Waterlot, Presses universitaires de Rennes, 2010.

L’étude traite l’une des questions les plus délicates de la pensée de Rousseau : la relation entre religion et politique. Il entretient une discussion permanente avec la théologie lorsqu’elle s’immisce dans la vie politique à travers les religions historiques (judaïsme, christianisme, islam). Dans Du contrat social, Rousseau nomme « religion civile » cette théologie politique.

Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau jugé par ses contemporains, du Discours sur les sciences et les arts aux Confessions, éditions H. Champion, 2000.

De 1751 à la Révolution, la renommée de Rousseau n'a cessé de retenir l'attention de l'Europe. Lorsque paraissent les Confessions, une légende s'est forgée autour de l'homme de la nature et de la vérité, et Ermenonville est devenu le lieu d'un fervent pèlerinage. Cette étude retrace l'histoire des lectures qui ont été faites de son œuvre et l’histoire d'un mythe.

Raymond Trousson, Rousseau, Gallimard, « Folio biographies », 2011.

Cet hommage célèbre le sophiste paradoxal des Discours, le maître des âmes sensibles de La Nouvelle Héloïse ou le législateur intransigeant du Contrat social.

Luc Vincenti, Rousseau, Du contrat social, Ellipses, 2000.

Relire le Contrat social est une gageure, tant les interprétations ont été riches et diversifiées. Mais cela ne rend que plus nécessaire une nouvelle synthèse, tant pour l'actualité de la réflexion philosophique que pour revenir vers le texte lui-même. Luc Vincenti propose une lecture suivie, se saisissant des difficultés majeures du texte pour dépasser l'opposition des interprétations. La situation du Contrat social dans l'ensemble de la philosophie rousseauiste permet ce dépassement, que ce soit en rapportant le statut de l'individu au couple (amour de soi / amour-propre) ou en repensant les rapports entre domaine politique et domaine moral-religieux.

Voix et mémoire : Lectures de Rousseau, articles réunis et présentés par Anne-Marie Mercier-Faivre et Michael O’Dea, Presses universitaires de Lyon, 2012.

Ce recueil rassemble des articles (épuisés et inédits) des meilleurs spécialistes du XVIIIe siècle de la région Rhône-Alpes (universités de Lyon et de Grenoble), rédigés ces trente dernières années – soit trente ans de lectures de Rousseau et d'évolution des lectures de Rousseau, autant de voix pour la mémoire de la recherche littéraire : Jean Sgard, Claude Labrosse, Pierre Rétat, Jean-François Perrin, Michael O’Dea, Pierre Saby, Christophe Cave, Anne-Marie Mercier-Faivre, Yves Citton.
 
Robert Wokler, Rousseau : Introduction à une pensée vagabonde, traduction de Samuel Baudry et Denis Reynaud, Presses universitaires de Lyon, 2012.
 
Première traduction en français d’un classique des Presses d’Oxford. Tout comme Montesquieu, Hume, Adam Smith et Kant, ses contemporains, Rousseau eut une profonde influence sur l'histoire intellectuelle de l'Europe moderne. Aucun autre penseur du XVIIIe siècle n'a écrit autant de textes essentiels, dans des domaines et des genres aussi variés ; aucun n'a écrit avec autant de passion et d'éloquence. Parmi les protagonistes des Lumières, il fut quasiment le seul à exercer son sens critique sur les mutations de la société et à tenter de diriger ces transformations – si bien que c'est vers ses doctrines que se tournèrent les principaux acteurs de la Révolution Française lorsqu'ils cherchèrent à allier théorie et pratique politiques.

Frédéric Worms, Émile ou De l’Éducation : livre IV, Jean-Jacques Rousseau, commentaire, Ellipses, 2001.

Précédé d’un essai introductif : « Émile ou la découverte des relations morales », ce commentaire du traité de l’éducation qui est le complément du Contrat social, met en avant la philosophie morale et politique qui sous-tend cette œuvre.


 
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